Gros sujet aujourd’hui !

Comment se libérer des conditionnements de son enfance pour enfin devenir soi-même ?

C’est la question que je me suis posée quand j’avais 28 ans. J’ai avant tout essayer de comprendre pourquoi j’étais aussi conditionnée et pourquoi je n’arrivais pas à m’en détacher facilement, puis j’ai cherché à savoir comment faire pour me libérer de tout ça !

Du coup, je vais avoir la même logique ici : je vais d’abord expliquer pourquoi, puis comment ! 😊

/!\ Mais avant, je tiens à préciser ceci : je parle dans cet article de parents bienveillants à l’égard de leurs enfants. Je ne parle pas des enfants qui n’ont pas eu la chance d’avoir des parents et un entourage qui les aiment réellement. Pour ces enfants, le sujet est tout autre et n’est pas traité ici. /!\

Qu’est-ce que le conditionnement ?

Vous vous posez peut-être la question suivante : qu’est-ce j’entends par conditionnement ?

Il s’agit tout simplement de tout ce qui a eu une influence sur nous-même, sur notre façon d’être, de penser, de voir le monde… bref, tout ce qui a eu un impact plus ou moins fort sur la construction de notre « soi ».

Des exemples de conditionnement

Les exemples les plus évidents de conditionnement sont :

  • Nos parents et leur éducation
  • L’école et ses méthodes
  • Les amis, la famille, bref l’entourage ou plus largement les gens que l’on fréquente très régulièrement
  • Les communautés : sportives, religieuses, etc.
  • Le pays, la culture, la mentalité, les mœurs et traditions, etc.

Bref, touuuuuut ce qu’on a rencontré dans notre vie de façon répétée, régulière.

Pourquoi sommes-nous conditionnés ?

Tout part qu’une fausse croyance

Premièrement : lorsqu’on est enfant, notre survie dépend littéralement de nos parents. Si ceux-ci décident de ne pas satisfaire nos besoins primaires (manger, dormir, etc.), ça risque de mal se passer pour nous…

Mais au-delà de nos besoins primaires, nous avons également besoin de nourriture affective pour pouvoir bien grandir, et même survivre !

Parenthèse ouverte :

Vous connaissez peut-être la légende du roi Frédéric II, qui voulut savoir quelle était la langue de Dieu : la langue naturelle qu’un être humain aurait s’il n’avait aucune indication dès sa naissance (selon lui).

Il lui est venue la « super » idée de récupérer six bébés et de les installer dans une pouponnière, où les nourrices n’avaient droit qu’à subvenir à leurs besoins physiologiques (manger, boire, etc.).

Elles n’avaient ni le droit de leur parler, de jouer avec eux, de les câliner, d’exprimer une quelconque empathie, bref aucune affection quelle qu’elle soit.

Les six bébés sont morts. Sans jamais avoir pu parler d’ailleurs !

On dit que cette histoire n’est qu’une légende (je l’espère vraiment !). Mais des études scientifiques et psychologiques ont été faites, et ont démontré l’importance de l’affection dans le bon développement d’un enfant.

Parenthèse fermée !

Donc depuis que nous sommes nés, nous avons besoin d’amour pour survivre.

La survie est importante, il faut mettre toutes les chances possibles de son côté : un processus inconscient s’installe pour que nous soyons « conformes » à l’attente de nos parents.

Pour faire plus simple : on croit inconsciemment que si on est et on fait ce que nos parents veulent que l’on soit et que l’on fasse, alors ils nous donneront l’amour dont nous avons besoin pour survivre.

Alors évidemment, c’est bien plus complexe que ma simple phrase !

Ce qu’il est important de noter, c’est qu’il s’agit d’un processus inconscient.

On fait inconsciemment tout ce qui est conforme à ce que nos parents veulent pour nous, pour qu’ils continuent à nous aimer.

On va également continuer le processus en grandissant, pour avoir des amis, pour faire partie d’une communauté (sportive, artistique, etc.). Bref pour que les gens nous acceptent et nous aiment.

Évidemment, ceci est une fausse croyance ! L’amour est inconditionnel.

Mais je ne vais pas m’attarder là-dessus aujourd’hui, il y aurait trop de choses à dire, haha.

Comment faire autrement qu’écouter ce qu’on nous dit ?

Deuxièmement : un enfant qui né est une page blanche ! Il ne sait rien… sa seule chance de se construire est de copier un modèle, un exemple !

Les premières personnes que l’on copie sont les parents.

Et de leur côté, une des choses primordiales qu’ils ont à faire est de tout apprendre à leur bébé, qui ne sait encore rien.

La copie, le mimétisme sont des choses naturelles quand on n’a aucune connaissance. C’est une des clefs de l’apprentissage : regarder les autres, et le faire à son tour !

Depuis tout petit, on apprend donc en faisant comme papa et maman, qui s’appliquent à nous apporter toutes les connaissances qu’ils ont eux-mêmes reçues dans leur vie : avec leurs propres parents, à travers leurs expériences, etc.

Ce qu’il y a à retenir

  • On accepte inconsciemment le conditionnement de nos parents, et plus tard de nos amis/fréquentations, car on a besoin d’être aimé pour survivre, et on croit qu’en faisant comme l’autre on va obtenir cet amour
  • On part d’une page blanche. La seule chose que l’on peut faire, c’est faire comme les autres. On écoute ses parents, on est éduqué·e, on apprend, et on croit que tout cela va aider à être soi-même, alors qu’en premier lieu ça nous conditionne à être « la personne que les autres veulent que l’on soit »

A noter que le conditionnement est une phase importante et nécessaire pour que l’on puisse par la suite devenir vraiment soi-même. Mais on y revient plus tard ! 😉

Pourquoi est-ce si difficile de se détacher de ces conditionnements ?

On n’oublie pas du jour au lendemain

C’est assez évident : ces conditionnements se mettent en place depuis que nous sommes nés. Pensez-vous qu’il soit si facile de se débarrasser de quelque chose qu’on nous inculque, qu’on nous répète, qu’on entend depuis des années ?

Ce n’est clairement pas en un claquement de doigts qu’on va tout balancer aux oubliettes, haha !

La fausse croyance est toujours là

De plus, n’oubliez pas qu’inconsciemment on croit que pour être aimé on doit faire ce que nos parents (ou autre fréquentation) nous disent.

Cette croyance va rester très longtemps gravée dans nos têtes… jusqu’au moment où on prendra conscience que l’amour de nos parents est inconditionnel et qu’ils nous aimeront quoiqu’il arrive.

Échangeons les rôles pour une fois

Alors justement à ce sujet, je vous vois déjà venir : « donc si je fais autre chose que la volonté de mes parents, et qu’ils ne me soutiennent pas, cela veut dire qu’ils ne m’aiment pas ».

Pas du tout (enfin dans la généralité des cas hein) !

Vos parents sont des personnes à part entière. Ils ont leur façon de penser, de gérer leurs émotions et leur vie, leurs convictions et leurs croyances :

  • Ils ne sont pas obligés d’être d’accord avec vos choix
  • Ils ont le droit d’avoir peur pour vous
  • Ils ont le droit de mal le prendre

Mettez-vous à leur place : vous faites touuut ce que vous pouvez pour apporter tout ce qu’il faut pour le « bien » de votre enfant, pour qu’il soit sur le « bon chemin ».

Vous le faites vraiment avec votre cœur, avec la conviction que c’est le meilleur que vous pouvez apporter pour que votre enfant soit heureux, en sécurité, protéger des mauvaises choses de la vie.

Et un jour, il vous désobéit. Il fait quelque chose que vous lui avez toujours interdit ou très fortement mis en garde sur la dangerosité de cette chose !

Quelles questions pouvez-vous vous poser à ce moment en tant que parent ?

  • Qu’ai-je raté dans son éducation ?
  • Ai-je assez répété ?
  • Qu’ai-je échoué ?
  • Suis-je un mauvais parent, incapable de faire comprendre à mon enfant ce qui est bon ou pas ?

Ce que vous ressentez à ce moment là en tant que parent c’est de la PEUR. Peur que votre enfant affronte des choses que vous ne gérez pas, que vous ne comprenez pas ou dont vous avez vous-même peur. Justement parce que vous aimez votre enfant !

A noter, chers parents, que ces peurs ne doivent pas prendre le dessus et étouffer votre enfant, au risque de l’empêcher de s’épanouir… Mais ceci est un autre sujet !

Revenons maintenant dans la peau de l’enfant : voir ses parents en désaccord sur ce qu’on finit par choisir de notre vie, et plus globalement sur ce qu’on est vraiment, ça peut faire mal.

Mais ne croyez pas que vos parents ne vous aiment pas pour autant.

Ce qu’il faut retenir

  • On ne peut pas oublier du jour au lendemain ce qui s’est installé depuis des années
  • D’autant plus si cela a été un processus inconscient
  • Si vos proches ne vous soutiennent pas, cela ne veut pas forcément dire qu’ils ne vous aiment pas, mais surtout qu’ils ont peur

Comment faire pour se détacher de ses conditionnements ?

Étape essentielle : la prise de conscience

Déjà, il faut savoir qu’à un moment de notre vie, on va se « réveiller » et se rendre compte qu’on n’est pas vraiment soi-même : on est conditionné depuis plusieurs années à être la personne que les autres veulent qu’on soit.

Ce réveil n’a pas d’âge ! On ne prend pas conscience des mêmes choses en même temps.

Moi j’ai pris conscience de tout ça quand j’avais 28 ans. Je connais des gens qui en ont pris conscience à 18 ans, 21 ans ! Et d’autres personnes en prennent conscience beaucoup plus tard, chacun son rythme.

Oser, il faut oser !

Une fois cette prise de conscience faite, il faut extérioriser : en écrivant, en parlant.

Personnellement, j’en ai d’abord parlé à Chéri, à des amis. Je leur racontais que je sentais un décalage entre l’éducation que j’ai reçue, et ce que je voulais vraiment penser et faire dans ma vie. J’ai été rassurée de voir que je n’étais absolument pas la seule.

Encore une fois, être conditionné·e est un passage obligé et nécessaire à la future construction de soi-même ! Car c’est justement le « dé-conditionnement » qui va nous faire passer dans la vie d’adulte indépendant et responsable de lui-même. C’est se libérer de son enfance qui va nous permettre de devenir nous-même !

Ensuite, j’ai décidé de m’assumer petit à petit face à mes parents : je faisais des choix différents et leur en parlait, j’osais être en désaccord avec eux, j’osais dire non.

Ça n’a pas été facile, parce que j’avais encore cette croyance tenace qui me disait que mes parents ne m’aimeraient plus si je prenais un autre chemin que le leur. Je n’avais pas encore compris à ce stade que l’amour de mes parents est inconditionnel.

Ça je l’ai enfin compris dernièrement, quand je leur ai annoncé que j’allais faire une reconversion professionnelle, qui est à l’opposé de mes études et de mon métier actuel.

J’avais peur qu’ils ne l’acceptent pas et qu’ils ne me soutiennent pas. Je l’aurais pris comme un rejet de ce que je suis vraiment.

Au final, j’ai été surprise de voir que mes parents me soutenaient ! Je dirais même que j’ai été surprise que ça soit aussi évident pour eux de me soutenir dans ce projet.

Ils m’ont dit que c’est moi qui devais décider de ma vie, et qu’ils seraient toujours là si jamais ça ne va pas, peu importe ce que je décide.

Wow ! A ce moment-là, j’ai enfin compris que mes parents m’aiment, peu importe si je ne suis pas exactement la route qu’ils avaient imaginée pour moi.

Faites-en de même ! Osez en parler à vos parents, à vos proches, petit à petit. Osez affirmer ce que vous êtes réellement.

Il y aurait encore trop de choses à dire

Bon… j’avoue mes conseils sont un peu light cette fois, haha !

C’est normal, il y a tellement de choses à dire sur le sujet que je ne peux pas le faire ici. Je préfère tout structurer en plusieurs articles. Je travaille dessus depuis plusieurs jours.

Ne vous inquiétez pas, ça va bientôt sortir ! 😊

Ce qu’il y a à retenir (en attendant les futurs articles)

  • Il faut d’abord passer par la prise de conscience du conditionnement avant de pouvoir s’en détacher
  • Pour se détacher de ce qu’on a appris, il faut oser ! Oser extérioriser, oser en parler, oser s’affirmer… ça ne sera pas facile au début, mais la persévérance finit par payer
  • Se libérer des conditionnements de son enfance est la première clef pour devenir enfin soi-même

Pour finir sur le sujet

Vous vous dites sûrement en lisant mon article que j’ai dû être une enfant rebelle, qui a fait une crise d’adolescence pas possible, qui a rendu la vie dure à ses parents, et qui est allée totalement à l’encontre de son éducation une fois adulte, haha !

Détrompez-vous !

Bon ok, j’avoue que mes parents ont dû s’arracher les cheveux de temps à autres avec moi. Comme tout enfant, je les ai testé, j’ai passé ma phase de désaccord/rébellion, et plus tard j’ai remis en question mon éducation.

En remettant tout en question, je me suis effectivement rendue compte que certaines choses ne s’accordaient avec moi, ma façon de penser, de comprendre, etc.

Mais j’ai surtout pris conscience que mes parents m’aiment profondément, et ont fait absolument TOUT ce qui était possible pour eux (avec leurs qualités et leurs défauts), pour m’apporter tout ce qu’ils estimaient être bon.

Finalement, il y a énormément de choses que je garde d’eux, car mes parents sont des personnes incroyables, respectables, courageuses, fortes… ils m’ont inculqués des valeurs inestimables, qui sont gravées en moi à jamais !

Papa et maman, si vous lisez ces lignes : merci de tout cœur d’être vous, merci de tout cœur de m’aimer !

 

 

Crédit photo : Unsplash – Daniel Cheung

Elsa Chamant Agir, Comprendre, Tous mes articles

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